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Beijing

Classement : 6ème sur 32


L’entraînement de basket est terminé. Les joueuses sortent du terrain et s’avancent vers les vestiaires. Elles se déshabillent et foncent à la douche. Corinne, leur entraîneuse ne leur a pas laissé une minute de répit ! Elles sont en sueur, autant de transpiration due aux efforts que de moiteur due aux températures estivales. L’eau qui dégouline sur leur peau leur fait un bien
fou. Elles sont exténuées. C’est leur dernier entraînement avant le grand saut ! Elles s’envolent dans deux jours pour Pékin, pour participer aux jeux olympiques ; occasion grandiose et inespérée ! Avant de rejoindre leurs chambres au pensionnat, Corinne récapitule une dernière fois les
consignes :
— Vous préparez vos sacs de voyage dès demain matin. Vous emportez uniquement les vêtements qui sont inscrits sur la liste que je vous ai fournie. C’est moi qui ai vos passeports et toutes les autorisations de sortie du territoire. Vous n’oubliez pas de prendre vos affaires de
toilette, une chemise de nuit, votre brosse à cheveux et vos élastiques pour les attacher. Vous n’avez pas besoin de prendre vos vêtements de sport puisque nous avons des sponsors qui nous offrent vos tenues pour l’ensemble du tournoi.
— Oui Corinne, on sait ! Tu nous l’as déjà dit dix fois au moins, ironise Cynthia.
— Je préfère répéter dix fois les choses que d’avoir à contrôler vos affaires au dernier moment. Et je vous connais les filles ! se moque gentiment Corinne. Elle reprend :
— Ce soir, vous vous couchez de bonne heure et demain aussi. Je vous retrouve dès 6 heures jeudi matin et nous chargerons la camionnette. C’est Bernard, notre chauffeur habituel, qui nous conduira à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. Décollage prévu à 10 heures.
Les filles sortent du gymnase et se dirigent vers leur bâtiment où les attendent leurs camarades. Le repas va être servi dans 30 minutes. Elles ont juste le temps de déposer leur sac de sport dans leur armoire avant de redescendre pour le dîner.
Jeudi matin. C’est l’effervescence dans les dortoirs. Toutes les filles sont debout, même celles qui ne partent pas aux J.O. Elles veulent encourager leurs amies avant le grand départ pour l’Empire du Milieu ! Le petit-déjeuner englouti, les huit jeunes filles, Cynthia, Jessica, Jennifer, Linda, Sarah, Sandra, Sharon et Rachel sont prêtes. Corinne entre dans la salle à manger et se dit satisfaite de voir sa belle équipe si enjouée. Avant qu’elles ne chargent leurs
sacs et s’engouffrent dans la camionnette, leurs camarades leur font une
« ola » en leur souhaitant de ramener une magnifique médaille d’or !
Le directeur de l’établissement souhaite bon courage aux deux accompagnatrices, Corinne et Françoise, et recommande aux jeunes filles de donner le meilleur d’elles-mêmes pour ces fabuleux jeux olympiques. Il leur rappelle toutefois que selon le créateur des J.O., Pierre de Coubertin,
« l’important, ce n’est pas de gagner, mais de participer ». Il leur souhaite
un bon voyage et les laisse partir. Elles sont prêtes à relever le défi !
Arrivées à l’aéroport, les filles n’en mènent pas large. Elles n’ont jamais pris l’avion et l’angoisse commence à leur serrer le ventre. Leurs animatrices maîtrisent les symptômes de la peur et elles arrivent facilement à les mettre en confiance. Elles confient leurs sacs au comptoir d’enregistrement et la délégation s’avance vers le Terminal 1, délestée de ses bagages.
Leur avion, un Airbus A350 de la compagnie Air France est déjà en place. Le vol va durer 10 heures. La délégation a le privilège de rentrer en premier dans l’avion. Les hôtesses les accueillent agréablement. Les portes finissent par se refermer et l’avion commence à rouler pour rejoindre sa piste d’envol. Sandra est surexcitée et dit que même si elles ne gagnent rien, ce n’est pas grave parce que prendre l’avion c’est déjà un super cadeau !
Dix heures de vol plus tard.
— Bienvenue en Chine et bon séjour à Beijing, leur annonce une hôtesse.
— On n’est pas à Pékin ? Je croyais qu’on atterrissait à Pékin ! lance Jennifer
L’hôtesse lui précise que Beijing, ça veut dire Pékin en chinois !
Les filles regardent les panneaux indicateurs et n’aperçoivent aucun mot en français. Elles reconnaissent quelques mots en anglais mais rien dans leur langue natale. Tout le reste est écrit en caractères chinois, les sinogrammes. C’est là que l’aventure commence vraiment.
Elles sont attendues à l’aéroport par un membre du comité olympique qui les conduit à leur hôtel. Il est 21 heures en France mais ici, il est 4 heures du matin et c’est déjà le lendemain !
La nuit va être courte. Le lever est prévu à 9 heures, heure locale. Petit déjeuner frugal et visite des installations. Les lieux sont immenses et des sportifs s’entraînent dans tous les coins ! Les filles sont très impressionnées mais impatientes de commencer la compétition. Le premier match est programmé pour lundi 14 heures, contre l’Italie.
Le samedi est consacré à l’ouverture officielle des J.O. et une immense parade s’élance dans le plus grand stade de la ville. Nos huit athlètes et leurs accompagnatrices défilent fièrement en brandissant des mini drapeaux bleu-blanc-rouge. Malgré la fatigue due au changement d’heure, elles sont prêtes pour affronter la première équipe. Pour ce match, Jennifer, Sandra et Cynthia restent sur le banc des remplaçantes.
Jessica, Linda, Sarah, Sharon et Rachel s’installent à leur place et leurs adversaires italiennes leur font face. L’arbitre donne un coup de sifflet et c’est Sarah, la capitaine, qui commence le match. Elle dribble avec le ballon et s’approche du panier adverse. Elle le lance à Jessica située sur sa droite, au poste de pivot, qui envoie la balle admirablement bien. Elle marque les 2 premiers points du tournoi. Corinne exulte. Ça part sur les chapeaux de roue !
Les points s’enchaînent et les Italiennes se laissent dominer très facilement. L’équipe de France est nettement meilleure et le match est facilement gagné, 28 à 14. Félicitées par leur entraîneuse, les joueuses se sentent boostées par leur performance.
Après les Italiennes, nos petites Françaises pulvérisent l’équipe d’Australie, 30 à 10. Corinne a l’impression que rien ne peut arrêter ses joueuses. Elle a fait le choix de changer son équipe à chaque match afin que toutes les filles puissent participer.
Et la suite confirme leur énorme succès. La Russie s’incline 22 à 18. Elles ne font qu’une bouchée des Espagnoles, 32 à 10. Quant au cinquième et dernier match de poule contre les Brésiliennes, elles leur collent un sublime 26 à 12.
Les Françaises se retrouvent brillamment en quart de finale. Les choses se corsent car si elles perdent le match, le rêve s’arrête là et retour à Paris dès le lendemain. Motivées et entraînées, elles se lancent sur le terrain contre l’équipe Roumaine. Celles-ci sont épuisées et n’ont plus assez de peps pour remporter la partie. La France gagne, 24 à 20.
Pour les demi-finales, elles s’opposent aux Tchèques qui sont excellentes. Le score est serré. Les quatre périodes de dix minutes sont intenses. Les tchèques mènent 18 à 16. Le suspense est intenable ! Rachel, au pivot, réclame la balle à Sharon qui marque le panier. Ex-aequo. Il reste moins de deux minutes de jeu. Rachel, idéalement placée, appelle Linda qui lui
lance le ballon. Rachel vise et le panier est marqué. Coup de sifflet final. 20 à 18, les Tchèques s’inclinent. Quel match !
La finale se joue dans deux jours. Les filles profitent de ce temps libre pour faire du tourisme dans Beijing. Elles achètent des souvenirs et écrivent des cartes postales à leurs familles et leurs camarades restées en France.
Deux nuits de repos leur sont bénéfiques. Elles vont affronter les favorites de ces J.O., les Chinoises qui n’ont perdu aucun match, aucun tournoi, depuis cinq ans. Comme elles jouent à domicile, les Françaises n’ont pas beaucoup d’espoir de victoire.
Les drapeaux chinois inondent les tribunes et le public est survolté. Quelques drapeaux tricolores apparaissent dans une des tribunes et réussissent à mettre du baume au cœur de nos joueuses.
Le match commence et la tension est intense. Avant la fin de la première période, la capitaine chinoise, Li Chan, tombe et se blesse. Elle est évacuée. Les Françaises considèrent cet accident comme une aubaine pour elles. Sarah envoie la balle à Cynthia. Bien qu’elle soit loin du panier, elle tente un tir et réussit le point. Sandra et Rachel se lancent à l’assaut du panier
et les Chinoises n’arrivent pas à les arrêter. Le public s’enflamme. Les Françaises mènent au score. A la quatrième période, la Chine reprend la main mais l’arbitre siffle une faute de Maï Li, qui s’est immobilisée plus de trois secondes dans la zone de raquette. Elle perd le ballon. Sandra le récupère et, comme un oiseau, s’envole pour marquer 2 nouveaux points. L’écart au
score diminue. Une Chinoise touche le ballon avec son genou et doit le rendre à la France. Rachel en profite pour dribbler et le lancer dans le panier. Les points français s’additionnent et les Chinoises semblent exténuées. Corinne et Françoise encouragent leurs joueuses depuis le banc de touche. Le chronomètre défile et il ne reste plus que trente secondes à jouer. Comme
dans un rêve éveillé, les points se cumulent et la Chine n’arrive plus à garder le cap. Au coup de sifflet final, la France mène 28 à 22. Les Françaises sont championnes olympiques. Elles se jettent dans les bras les unes des autres. Corinne pleure à chaude larme tandis que les filles sautent de joie dans le gymnase.
Dans l’immense stade, la voix au micro annonce :
— La Médaille d’Or de Basket des Jeux Paralympiques de 2022 à Beijing est attribuée à l’Equipe de France.
La Marseillaise retentit tandis que, devant l’écran de télévision, le directeur de l’Institut-Médico-Educatif des Soleils Verts applaudit l’exploit de ses pensionnaires, accompagné par les éducateurs, les parents des sportives et toutes les jeunes filles en situation de handicap dont il a
la charge.
L’important c’est de participer… mais gagner, c’est encore mieux !



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